jeudi 24 janvier 2008

Elle est FRAIICHHE ma conviction, elle est FRAIIIICHHHHHHE!


D
e l'opportunisme:


Nicolas Sarkozy, 9 mai 2004, Conseil national de l'UMP, Aubervilliers :

« Si l'Europe reste la seule affaire des responsables politiques et économiques, sans devenir la grande affaire des peuples, reconnaissons que l'Europe sera, à plus ou moins brève échéance, vouée à l'échec.

Bien sûr, l'Europe doit être au service des peuples, chacun peut le comprendre. Mais l'Europe ne peut se construire sans les peuples, parce que l'Europe, c'est le partage consenti d'une souveraineté et la souveraineté, c'est le peuple. A chaque grande étape de l'intégration Européenne, il faut donc solliciter l'avis du peuple. Sinon, nous nous couperons du peuple.

Si nous croyons au projet Européen comme j'y crois, alors nous ne devons pas craindre la confrontation populaire.

Si nous n'expliquons pas, si nous ne convainquons pas, alors comment s'étonner du fossé qui risque de s'amplifier chaque jour davantage entre la communauté Européenne et la communauté Nationale ?
Je le dis comme je le pense, simplement : je ne vois pas comment il serait possible de dire aux Français que la Constitution Européenne est un acte majeur et d'en tirer la conséquence qu'elle doit être adoptée entre parlementaires, sans que l'on prenne la peine de solliciter directement l'avis des Français. »

Bien.

Relisez-ça calmement.
Particulièrement les parties du texte en gras.

Et maintenant, allez lire ça: "Démocratie, je chéris ton nom", siouplé.
Particulièrement la première partie, évoquant notamment l'article du Telegraph, merci.


Nous venons de voir ce qu'est l'opportunisme(*), en matière de Politique.
Etonnant, non?







* "Aujourd'hui, le terme d'opportunisme est utilisé pour désigner, chez des hommes politiques, des changements fréquents de programme ou de position en fonction du rapport de forces politique, des sondages, ou du contexte électoral."



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vendredi 4 janvier 2008

Chroniques de la connerie ordinaire


"Les gens du Nord. Dehor!"

Ce sont les mots qui fleurissent sur les murs de mon village d'adoption depuis quelques mois.
Notez que je suis à peu près aussi doué en photo que les auteurs de cette fine prose en orthographe...

En même temps, la profondeur des revendications exprimées ici me laissent penser que les abrutis qui perdent leur temps à répandre leur fiel, à coup de bombes de peintures, n'ont peut-être tout simplement pas pensé à évaluer la place nécessaire à l'épandage de leurs mots haineux...

Il y a un moment, donc, que ce genre d'inscriptions fleurit, disais-je, sur les murs de ce petit village gardois, qui nous a accueilli, mes trois enfants et moi-même.

Il y a un moment que cela me remue la glande anti-connerie.

D'autant plus que mon fils et moi sommes des "gens du Nord".
Immigrés parisiens-banlieusards en pays gardois...
Tandis que mes deux filles sont nées à Nîmes.

Appliquons les dispositions préconisées par ces "intellectuels barbouilleurs de murs", et partons, mon fils et moi.
Ce sont donc les "gens du Sud" qui devront s'occuper de mes filles?

Oui, on mesure déjà, à cet instant précis, la bêtise de tels propos.

Ok. Allons jusqu'au bout. Mes filles ayant du sang parisien (et encore, je suis né dans le Cher, imaginez l'impureté ethnique qui caractérise notre famille...), admettons que je parte et que j'émigre à nouveau, avec mes filles.

Contre qui se dirigera la colère aveugle de ces "indépendantistes gardois", une fois "les gens du Nord" partis?
Contre ceux du village d'à côté?
De la rue d'à côté?
De la famille voisine?
De la branche "machin" de la famille, "qui z'ont toujours été pas comme nous ceux-là"...?

Ces réflexions constituent le principal des grandes envolées lyriques dont je suis capable lorsque ma glande anti-connerie, sus-évoquée, se met à vibrer.

Mon instinct anti-cons une fois calmé, la grandiloquence ridicule -bien que légitime- de ma colère une fois tarie, il arrive que je réfléchisse.

Si, si.

Après la colère, l'apaisement.
"Calme toi pépère, ça doit être beaucoup plus basique que ce que tu imagines..."

Point d'indépendantisme gardois, il doit s'agir peut-être (voire sans doute) d'une simple querelle au sortir d'un apéro quelque peu musclé, entre un fils du pays, et l'un de ces innombrables immigrés des régions nord françaises, qui pullulent ici.

Le fils du pays, gardois de père en fils, très en colère (ou ne déssaoûlant que rarement, voire les deux) barbouille les murs du village de ce genre d'inscriptions depuis ...

Mais, à bien y réfléchir, même s'il s'agissait effectivement d'un simple différent, les inscriptions en question constituent à elles seules la plus flagrante définition du Racisme.

"Dehors les gens du Nord!":
Jacques, "gardois pur jus", s'est engueulé avec Maurice, "immigré du Nord" en mal de soleil.
Et du coup, Jacques est persuadé que tous les "gens du Nord" méritent d'être mis dehors.

Quelle plus limpide définition du Racisme que ce triste raccourci?

Il y a maintenant dix ans que je vis en pays gardois.
Dix ans.
Ma vie est ici. Celle de mes enfants aussi. Plus encore que la mienne.

Et quoi? Il faudrait que je déguerpisse?

"Dehors les gens du Nord"?
Je suis effectivement "un gens du Nord" puisque j'ai passé le plus clair de mon temps en banlieue parisienne, avant d'avoir le bonheur de pouvoir vivre ici.

Mais "Dehors" où ça?
A Valence?
A Lyon?


Et Qui sont ces "gens du Nord"?
Les parisiens?
les dunkerquois?
les esquimaux?

C'est ce genre de réflexions, sur un ton mi-amusé, mi-abattu, mi-résigné, que j'ai pu partagé avec mes enfants.

Ce que je n'ai pas juger bon de leur dire (où peut-être n'en ai-je pas eu le courage?), c'est que les gros cons qui barbouillent nos murs de ce genre d'insanités sont désormais majoritaires en notre beau pays...




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