jeudi 28 février 2008

On touche le fond

Les gesticulations du président ne cesseront jamais.
Elles constituent sa stratégie. Un point c’est tout.
Encore faudrait-il que celle-ci soit réellement maîtrisée, ce qui paraît de plus en plus incertain.


Une chose est sûre, cela semble parti pour durer.


Il suffit de se reporter à ses dernières déclarations recueillies par "Le Parisien", et plus précisément à la polémique qui s’est créée ; une de plus; autour de celles-ci.
Et qui ne sont que la suite directe de la dernière "sarkozade", au salon de l’agriculture…


"Libération" souligne au passage que cette manière de "corriger" l’information n’est pas une première.


Le Pouvoir en place qui manipule la presse ?
Effectivement, ce n’est pas nouveau.


On a régulièrement évoqué la collusion des patrons de presse et du nouveau président, et ce dès la campagne électorale.
Inutile donc de s’étendre là-dessus une fois de plus.


Encore qu’à propos du deuxième exemple évoqué par "Libération", il semble bien qu’il ne s’agisse plus de simples "arrangements", pas plus que de pressions du "grand patron" de "Libé ", mais bel et bien d’une tentative de manipulation, pure et simple.


Renouvelée donc, et couronnée d’un semi - succès dans "l’ affaire du Parisien", puisque l’article est paru tel que le souhaitait l’Elysée, mais que la manipulation en question a été révélée.


Ce qui change également, ou quoi qu’il en soit s’avère relativement récent, c’est que ces " gesticulations présidentielles" semblent commencer à faire grincer quelques dents, au sein même de la majorité.

Cette dernière paraît même commencer à s’essouffler, complètement dépassée qu’elle est par le brassage d’air perpétuel du président.


"La Bête" serait-elle devenue incontrôlable ?
Au point d’inquiéter les membres du gouvernement eux-mêmes, ainsi que les "fameux" conseillers du président?


Il est incontestable que les nombreux "dérapages" du personnage -dont on finit par se demander s’ils sont si contrôlés que ça- mettent dans un sérieux embarras nombre de ses collaborateurs, et l’ensemble de ceux qui ont tout intérêt à le défendre…


J’évoquais dans un précédent billet la "position victimaire" adoptée par Fillon, ainsi que les dérapages sémantiques de Laurent Wauquiez, plus ridicule l’un que l’autre, contraints de se rabattre sur des arguments parfaitement pitoyables, mais qui ont l’avantage indéniable de permettre d’éviter de parler de l’essentiel.


Je vous fais grâce ici des propos tenus par Karoutchi, avec qui on touche le fond…


En fait si, à bien y réfléchir, vous devriez allez consulter cet article-là, … fascinant monument de connerie, dans lequel le pauvre homme, ne sachant plus comment créer la polémique, parle de "fascisme rampant" et de "déni de Démocratie".

Savoureux…

C’est d’ailleurs le même qui jugeait que le président faisait preuve "d’un calme et d’une sérénité exceptionnels " ( !!!).
Et de s’interroger à propos du « monsieur-Me-touche-pas», du salon de l’agriculture :
"(…) je me demande si je ne lui aurais pas mis une baffe" (re- !!!).

Karoutchi emporte la palme, haut la main, donc…


Alors qu’en est-il vraiment ?


S’agit-il réellement de manipulations médiatiques savamment orchestrées, permettant comme on le dénonçait il y a encore peu de temps, de faire passer la politique ultra-libérale menée par le gouvernement ?
Politique qui sans ces multiples mascarades, révélerait qu’une grande partie de l’électorat sarkozyste elle-même s’est fait enfumée?


La stratégie du président a-t-elle fini par lui monter à la tête ?
Constatant qu’il pouvait tout oser (Audiard disait de belles choses là-dessus, d’ailleurs!*), a-t-il définitivement cru qu’il pouvait aller jusqu'à renier les principes fondamentaux de la République Française, et ; exemple le plus frappant et le plus inquiétant ; imposer sa volonté au Conseil Constitutionnel ?


Est-ce à dire, dans ce cas, que certains membres du gouvernement ont choisi de plonger avec lui, ce qui expliquerait le délire collectif auquel nous assistons depuis quelques jours?


Je signale au passage à ce dangereux illuminé que le retour au « Droit du sol » qu’il prône pour Mayotte était un des cinquante points proposés par Bruno Mégret (qui souhaitait le voir appliquer à l’ensemble du territoire, certes) lorsqu’il était encore au FN, en 1996, si mes souvenirs sont bons.


Pour un type qui parle de "méthodes lepénistes" pour décrire les critiques de l’opposition, c’est assez troublant…


Quelques-uns des cerbères du président sont à ce point dépassés, qu’ils conseillent d’ailleurs de revenir à l’essentiel, d’adopter une vision globale de l’action politique du gouvernement.
Et de ne pas se limiter aux seules "sarkozades", comme le prônait Laurence Parisot, sur France Inter, le 25 Février.


Ce que disait également C. Estrosi, lors de sa si brillante intervention sur Canal + :
"Arrêtons de critiquer le président sur la forme !"
(Notez que j'évite une vanne facile sur la taille du dit-président)


Ok. Revenons à l’essentiel !


Ces types qui défendent en permanence la liberté du marché, en matière d’économie, vont lancer une "opération coup de poing" et contrôler ( !!!) la hausse des prix, au sein des principales enseignes de la grande distribution !


Cela n’aura qu’un effet, il faut être franc -à défaut d’être lucide- celui de donner l’occasion a Christine Lagarde de se rendre dans un supermarché.


Si,si, promis, elle a été constaté elle-même.
En regardant sur les p’tites n’étiquettes et tout !
Un pur moment de bonheur vu à la télévision ce soir !


Qui m’a rappelé Borloo qui était allé constater de visu que la banquise fondait…


Il devient absolument évidemment que les géants que sont Carrefour, Casino et consorts s’en mettent plein les fouilles, libre concurrence ou pas.
Il devient absolument flagrant que le système lui-même est pourri.

Et les mecs de l'UMP, ultra-libéraux jusqu'au fond de leur slip Hermès, qui nous explique rigoureusement l’inverse de ce qu’il défendait corps et âmes jusqu'ici.
Et le Fillon d'allumer un énième contre-feu...

A savoir qu’ils vont combattre les méchants-vilains-capitalistes qui passent des accords frauduleux et qui pervertissent les règles sacro-saintes de l’économie de marché !


Pitoyable !


Tout ça sur fond d’explication foireuse quant à l’augmentation du prix des céréales et des matières premières…


Il y a un Homme qui connaît bien le sujet des problèmes d’alimentation, pour l’avoir étudié au niveau mondial notamment :

Jean Ziegler qui ; dans le cadre de ses fonctions de "rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation (des populations) du Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations Unies" ; écrivait ceci :

"Toutes les cinq secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de faim ou de ses suites immédiates. Plus de 6 millions en 2007. Toutes les quatre minutes, quelqu’un perd la vue à cause du manque de vitamines A. Ce sont 854 millions d’êtres qui sont gravement sous-alimentés, mutilés par la faim en permanence.

Cela se passe sur une planète qui regorge de richesses. La FAO est dirigée par un homme de courage et de grande compétence, Jacques Diouf. Il constate qu’au stade du développement actuel de ses forces de production agricoles, la planète pourrait nourrir sans problème 12 milliards d’êtres humains, soit le double de l’actuelle population mondiale".


Mme Parisot et M. Estrosi qui voulaient s’attacher à parler de "fond" et non plus de "forme" seront donc comblés…


Ils ne nous taxeront plus de "terroristes intellectuels" si nous parlons du danger que représente Nicolas Sarkozy pour la République, lorsqu’il s’obstine à vouloir piétiner les décisions du Conseil Constitutionnel, puisque nous relayons dans ce cas l’avis éclairé des plus grands experts en la matière.


Pas plus que M. Karoutchi ne nous traitera de "fascistes rampants" si nous évoquons le cas de ces entreprises qui licencient leurs salariés alors qu’elles sont ultra-bénéficiaires.


Sans doute les récentes orientations militaires de la France peuvent-elles être abordées sereinement également, dans ces débats politiques s’attachant "au fond", qu’appellent de tous leurs vœux les sbires du président :


La France va accroître son effort militaire en Afghanistan
Ouverture d’une base militaire permanente aux Emirats arabes unis


Au vu de ces deux dernières infos, les inquiétudes que l’on peut formuler quant à l’équilibre mental du président, prennent une toute autre ampleur.


Et ces petits toutous devraient, dans le cas d’un problème psychiatrique avéré, cesser de parler de revenir "au fond", parcequ’à force, c’est tout le pays qui va le toucher.



* « les cons osent tout, c'est d'ailleurs à ça qu'on les reconnaît »
M. Audiard




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