mercredi 14 mai 2008

Fuck Mickey!

L’Economie ?
Ca va.
Le système financier tout entier est en train de se casser la gueule, mais ça va…

Le Social ?
Ca va aussi.
Merci.
Les riches n’ont jamais été aussi riches, les pauvres crèvent la gueule ouverte, mais cela finira bien par changer, le « système » est vertueux, qu’on vous dit...
La main invisible, tout ça…

L’Ecologie ?
No problemo.
Comme le reste.
Il nous reste quelques années avant de crever par dizaine de millions, mais faut pas paniquer.

Penser que « Tout ça » va finir par s’arranger, c’est un peu comme penser qu’on vit à Disneyland.
Ou au « merveilleux pays des schtroumpfs ».
Ou dans la « gentille forêt de Bambi ».

Sont mignons Mickey, Minnie et toute la clique, faut dire.
Sont reposants pour les neurones.
Gargamel comme seul méchant, ça le fait aussi, faut reconnaître, en terme de tranquillité d’esprit.
Et Bambi, franchement, c’est pas le genre à inquiéter.

Bon.

Au risque de provoquer un réveil violent, voici deux - trois éclaircissements sur ce doux rêve permanent :

Mickey est devenu patron, tendance ultra-libéral, d’une multinationale tentaculaire.
« Un mec qu’en a, quoi !».
Du mérite, Monsieur.
Le genre décomplexé.
Qui s’est fait tout seul. Qui ne doit sa réussite qu’à son TRAVAIL.
Maintenant, sous couvert de résister à la concurrence, cet enc… a délocalisé ses activités.
Du coup, il a foutu 3000 salariés, minimum, au chômage.
Faut le comprendre aussi.
Les profits de son entreprise n’étaient que de 20 milliards d’euros.
Et pour résister à la concurrence, « impitoyable », il fallait qu’il en fasse 30.
Et encore, « On est pas à l’abri d’une OPA » martèle-t-il aux quelques salariés rescapés de ses sombres manœuvres capitalistes.

Alors voilà.

Pas le choix.

Ce brave Mickey est parti surexploiter les pauvres.
Dans un pays où les salaires sont minimes : « la forêt de Bambi et des schtroumpfs noirs ».
Pays dans lequel les droits des schtroumpfs noirs sont proportionnels à ce qu’ils touchent en fin de mois.

Les schtroumpfs ?
Ben, eux, ils sont devenus tellement pauvres, depuis que Mickey les a licenciés, qu’ils font les poubelles de Gargamel, un pote à Mickey.
La schtroumpfette fait le tapin.
Le schtroumpf à lunettes vend de la came, qu’il fabrique dans la cave de sa cité schtroumpf, pour arrondir les fins de mois…
On a fait fermer sa gueule au schtroumpf grincheux qui avait viré syndicaliste grave, limite terroriste.
On a fermé (aussi) les frontières du pays, histoire que les schtroumpfs noirs, plus mal lotis encore (et donc fraîchement esclavagisés par Mickey) viennent pas piquer la salsepareille des schtroumpfs bleus, qu’ont leur papiers en règle, eux, Monsieur.
Et qui sont d’ici, d’abord, Monsieur.
On ne peut pas accueillir toute la misère du monde, quand même, Monsieur.

Bambi ?
Il a fini par se foutre en l’air.
Plus rien à bouffer.
Mickey a pourri toute la forêt avec ses OGM cancérigènes. Mais tellement rentables. Et surtout, SURTOUT :
«Seule solution économiquement raisonnable au problème de malnutrition des peuples de la forêt, Schtroumpfs noirs compris».
Quoi qu’il en soit, la forêt en question, dans dix ans, elle sera totalement inondée.

Oui.

Mickey.

Encore lui.

Ce brave Mickey.

Ses usines ont tellement détraqué l’environnement que la météo elle-même s’en est mêlée.
Et c’est du changement radical. Le genre apocalyptique.
C’est tout ce petit monde qui va crever.

Mais mickey s’en branle.
Il compte ses liasses.
Ses actions.
Ses stocks-options.
Mickey jubile.
Les grands groupes de presse dont il est majoritairement actionnaire continuent de répandre la sainte parole.
Et maintiennent les peuples sus - cités dans une douce illusion.
Celle de penser que tous les Bambis peuvent devenir des Mickeys.
Que c’est la seule et unique solution à envisager.
Le seul modèle à viser.

Il a pris un coup dans la gueule le rêve permanent ?

Bah oui.

J’espère bien.

Parce que Mickey, les schtroumpfs et Bambi, C'EST FINI.

Les schtroumpfs, il va falloir qu’ils se réveillent.
Et qu’ils arrêtent de se contenter des détritus de Gargamel.
Et qu’ils réalisent enfin que les schtroumpfs noirs de demain, C’EST EUX.

Quant à Bambi, trop tard pour lui.
Ne reste plus qu’a le venger.

Sortir de tous ces mièvres mensonges, et prendre le fusil.

Parce que Mickey, il va falloir l’abattre.
Avant qu’il ne nous abatte.



Découvrez Anaïs!


2 commentaires:

jide a dit…

Je lis ton histoire ce soir pour endormir mes mômes. Parce que EUX, ils vont se prendre toutes nos merdes dans la gueule, et pas qu'un peu.

Nous c'est pas pareil...


...mais eux...


http://jide.romandie.com

Infocrate a dit…

Perso, je leur chante une berceuse:

"Ami, entends-tu le vol noir du corbeau sur nos plaines? Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on Enchaîne?..."

Je partage tes craintes, malheureusement.

Et j'avoue que mon impuissance à ce sujet me fout de plus en plus en rogne.

 
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