lundi 20 octobre 2008

Jusqu'ici...

J'aurais pu continuer de geindre.
Aussi stérilement que je l'ai fait jusqu'ici...

J'aurais pu continuer de beugler avec la meute contre les 1700 milliards d'euros qu'ont trouvé (?) "nos maîtres à tous".
Pour permettre au grand bordel néo-libéral meurtrier (pléonasme!) de continuer de broyer (avec un grand sourire de winner):

Du salarié;
Du chômeur;
Du SDF;
De l'exclu;
De l'affamé;
Du "pas comme eux";
Du "qu'appartient pas et n'appartiendra jamais à la même classe sociale"...
(Merci de compléter toi-même cette liste non-exhaustive, ami lecteur).

J'aurais pu à nouveau me lancer dans une grande et longue diatribe, maintes fois écrite et lue ici (et ailleurs), contre ce système mourant.
Que nos ennemis "patrons du CAC 40" et nos ennemis politicards collabos (de ces derniers) tentent désespérement de maintenir en vie à grands coups de rasade de pognon fraîchement créé. Les fameuses "liquidités", nécessaires à la soif inextinguible du "Marché"...

J'aurais pu continuer de constater, de décrire et d'analyser (piètrement) les méfaits du dit-système, qui a force de tout donner au Capital fait doucement crever, insidieusement, dans l'indifférence et/ou la résignation générale, des milliards d'humains.

J'aurais pu continuer de dénoncer le chômage massif qu'engendre (et va engendrer plus encore) mécaniquement ( ?) le système en question. Parce que la seule façon (désormais) de gagner les sacro-saints points de productivité convoités, c'est de réduire les coûts salariaux. Pour que les actionnaires entrevoient les gains possibles engendrés par pareille manoeuvre. Pour qu'ils investissent et que le cours de l'action (re)monte. Pour que les requins boursicoteurs investissent, quitte à te bouffer une jambe, au passage...

J'aurais pu expliquer que la pire chose qui puisse arriver ce serait que, justement, "l'Economie" reparte.

Parce que dans ces conditions, tout sera justifiable.
Et plus encore.

Oui.
Et plus encore.

Même si cela paraissait impossible. Jusqu’ici.

Et pourtant...

Nous pensions avoir touché le fond en matière d'exploitation de l’Hommes par les (petits) hommes (boursierzéfinanciers).
Des salariés par ce putin de système.
Des pauvres par les riches.
Des classes « (dé)possédées » par les classes « (dé)possédantes ».

Et l'on découvre, mi-incrédules, mi-terrifiés, qu'au nom de "la crise", qu'au nom de l'impérieuse nécessité de maintenir un système que Nous sommes incapables d'imaginer remplacé, Nous sommes prêts à tous les sacrifices.

« Ensemble, tout est possible ».

Même se faire enfler collectivement.
Même se faire braquer mondialement.
« Par les Délinquants zélézassistés de la Bourse ».

Parce que continuer de penser que la relance de l’Economie puisse constituer LA SOLUTION, c’est ignorer que celle-ci est LA CAUSE même du « problème » !

C’est ignorer le peu que Nous avons appris, jusqu’ici.

Comme si les milliards d'humains des pays où l'on crève de faim, affamés par les mêmes appétits des mêmes prédateurs étaient voués à (continuer de) claquer, la gueule ouverte, comme ça, pour rien.

Comme si les dégâts écologiques engendrés par les mêmes avidités des mêmes vampires étaient voués à perdurer, immuablement, comme ça, sans qu'il ne se passe rien.

Comme si les luttes qui ont été menées, par le passé, avaient eu lieu, comme ça, pour rien, non plus.

Mais au lieu de tout ça, je vais tenter de t'amener, toi, lecteur de ce blog radoteur, à réfléchir à quelque chose de très simple.

Il y a un choix à faire, désormais.
Assez basique.

Le séisme (réel?) qui vient de secouer l'Economie Mondiale te laisse deux possibilités:

En prendre "encore plus plein ta gueule" (et je t'assure que je suis poli, là, parce qu'il eût été plus judicieux d'évoquer une toute autre partie de ton anatomie sur le point de recevoir les coups que l'on va te porter prochainement) pour permettre au système qui déjà te broyait, toi et tes congénères, de perdurer.

OU

En prendre "encore plus plein ta gueule" (oui, je sais, cette formule te paraît décidément vulgaire, mais je t'assure que je me restreint, parce que vraiment, cette violence verbale n'est rien comparée à celle, sociétale, qui se profile à l'horizon) pour ENFIN CHANGER LES CHOSES.

OUI.
Le choix est aussi simple que ça.

Morfler plus encore pour continuer à te faire enfiler plus encore.

OU

Morfler plus encore pour tenter de Reprendre Notre Place, plus que jamais.

Celle qui n'a que trop rarement (et trop faiblement) été défendue par nos représentants (?) politiques.
Celle qui n'a que trop rarement (et trop faiblement) été défendue par nos représentants (?) syndicaux.

Celle qui nous revient de droit.
Celle qu'il convient de reprendre.
Celle qu'il convient de se redonner les uns aux autres.

Parce que Nous y avons droit.
Parce que cela a assez duré.

Et que c'est ça ou crever, comme ton prochain.
Dont tu n'avais plus rien à foutre, jusqu'ici.

Ce qui fût bien pratique pour "l'Ennemi".
Jusqu'ici aussi.




8 commentaires:

Leptitbenji a dit…

Salut Infocrate,
J'aime bien le ton "fontenellien" de tes billets, mais je dois dire que sur le fond, je ne suis pas d'accord.
A mon avis, cette crise ne montre pas l'inanité d'un système : elle montre que l'on doit mieux encadrer la finance qu'aujourd'hui, pour en éviter les dérives, pour éviter qu'on prenne autant de risques, pour éviter que les bulles se forment puis éclatent au niveau mondial... L'économie n'est pas le problème.
Attention à ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain.
J'en parle un peu dans ce billet : http://1-100-c.hautetfort.com/archive/2008/10/16/la-crise-au-service-des-ideologues.html

A bientot,
Zelittle

Infocrate a dit…

Le ton (style) "Fontenellien" est sans doute dû au tutoiement et à l'usage (et "abusage") des parenthèses.

Loin de moi l'idée de plagier, encore moins que le talent pour y parvenir, si tant est qu'il en faille pour ce type d'exercice mesquin...

(Encore que je prenne ta remarque pour un compliment ;-))

Disons que le sujet s'y prêtait: Besoin d'exprimer "dix idées à la phrase", et donc pas le choix, le meilleur outil reste la parenthèse.
Besoin également de m'adresser directement au lecteur, et donc, le tutoiement s'imposait, également.

Sur le fond, je suis désolé, je n'hésite pas, pour ma part, à "jeter le bébé avec l'eau du bain".

Parce que ceux qui nous promettent de ne changer que l'eau se foutent de notre gueule depuis si longtemps que je ne crois qu'à une solution radicale.

En l'occurrence, la prise de Pouvoir par le peuple.
Pour stopper ces fous furieux qui, eux, ont noyé le gamin depuis longtemps, et n'hésiteront pas à faire de même avec le "petit frère" qu'il nous promette.

Réguler le Capitalisme sans redonner toute sa valeur au salariat est une escroquerie.
Une de plus!

Leptitbenji a dit…

Intéressant débat.

Je ne me fous de la gueule de personne, et certainement pas de la tienne, et pourtant je persiste à dire qu'il ne faut pas tout jeter dans le capitalisme financier en crise.

Il faut mieux contrôler le capitalisme financier, le réguler, empêcher certaines pratiques (empêcher certains acteurs de prendre des risques si élevés, empêcher les prêteurs de donner de faux espoirs à gens pauvres et insolvables), peut-être même limiter la titrisation pour limiter l'aléa moral et la démesure, et pourquoi pas, peut-être, remettre certaines barrières à l'internationalisation de la finance.
La législation financière existe déjà depuis quelques décennies, mais on doit aller plus loin encore.

Vouloir la fin du capitalisme financier, c'est penser qu'une économie peut vivre et se développer sans l'intervention de la finance, et ça me semble bien loin de la réalité : si la finance a profité de l'entreprise -et il faut le dire et le dénoncer-, l'entreprise peut aussi profiter de la finance, au service de la croissance.

Infocrate a dit…

Un abîme nous sépare, sur cette question :

« (…)contrôler le capitalisme financier » -> Il s’agit selon moi de le réduire à sa PLUS simple expression. Au profit de la force de travail des salariés. Le fric qui génère du fric, on a vu ce que ça donnait…

Les pratiques que tu pense pouvoir empêcher sont inhérentes à ce système de m… La morale n’existe pas dans ce domaine, malgré ce qu’il est à la mode de dire chez les ultra-libéraux soi-disant repentis.

J’ai été lire ton billet et suis un peu étonné que tu cites Lamy. Ce type là illustre parfaitement ce qu’est devenu le PS : son poste à l’OMC, sombre institution au service des multinationales et son tristement célèbre AGCS qui vise à rendre tout commercialisable est justement ce qu’il faut rejeter en bloc.

Non, définitivement, je continue de penser que nous n’avons plus le choix.
Il faut TOUT changer.

Ce sera le bordel, mais au moins, ce sera le bordel pour que l’Humain puisse reprendre sa place.

Leptitbenji a dit…

Beaucoup de monde à gauche nous dit qu'il faut tout changer dans le système financier mondial. Mais qu'est-ce qu'on entend par là?
Fermer les bourses mondiales? Bannir les flux de capitaux? Fermer les banques privées?

Si les entreprises ne disposent pas de prêts, ne peuvent pas obtenir de capitaux sur les marchés financiers, j'ai du mal à voir quels effets positifs pourraient en tirer les entreprises et leurs salariés. Oui, il y a des dérives, notamment de la part des actionnaires (rien à voir avec la crise actuelle), mais il ne faut pas pour autant vouloir tout jeter. Ou au moins expliquer ce qu'on jette et ce par quoi on remplace.

Infocrate a dit…

"Beaucoup de monde à gauche nous dit qu'il faut tout changer dans le système financier mondial."

Pas encore assez de monde (à gauche) à mon goût!
Trop de monde à droite le fait, mais pour des raisons différentes, qui consistent à tenter de répartir le coût des pertes alors que les gains (faramineux) étaient (systématiquement) subtilisés aux travailleurs...

"Fermer les bourses mondiales?"
Dis-moi à quoi servent les dites-bourses aux salariés?
Gérer le cours des actions de telle ou telle multinationale qui foutra à la porte ses employés sous prétexte de réduire les coûts salariaux?
Qui délocalisera ses activités ou une partie pour la même raison?
Et donc ira exploiter la misère, le "sous-développement social" des populations de travailleurs en question, afin que, par l'odeur alléchée, les riches (ou pas) actionnaires des boîtes en question soient satisfaits et/ou que de nouveaux actionnaires, par la même odeur ennivrés, se mettent à acheter des actions?

"Bannir les flux de capitaux?"
Encore une fois, les réduire au strict minimum. C'est une moindre mesure...

Fermer les banques privées?
Les nationaliser serait déjà une bonne chose. C'est en cours. A nous d'en garder le contrôle.

"Si les entreprises ne disposent pas de prêts, ne peuvent pas obtenir de capitaux sur les marchés financiers, j'ai du mal à voir quels effets positifs pourraient en tirer les entreprises et leurs salariés."
Pourquoi, dans la foulée, ne pas "nationaliser" les banques d'investissement?

"Oui, il y a des dérives, notamment de la part des actionnaires (rien à voir avec la crise actuelle)..."
Ah? Rien à voir? Sûr?

"(...)mais il ne faut pas pour autant vouloir tout jeter."
La violence du "camp d'en face" nous pousse pourtant à faire ce simple constat: "There is no (other) alternative!"

"Ou au moins expliquer ce qu'on jette et ce par quoi on remplace."
Je ne suis qu'un modeste blogger, si j'avais l'envergure d'un économiste de renom, cela se saurait.
Mais je suis persuadé que dans les rangs de "Tout le monde à gauche", il y en a...

Quoi qu'il en soit, je suis toutefois content d'avoir ce débat avec toi, cela me change des 499 autres (environ) lecteurs mensuels de ce blog qui en constituent "la majorité silencieuse".
(Oui, un peu de provoc' ,de temps en temps, peut les motiver à prendre part au débat).

Leptitbenji a dit…

Oui, débat intéressant. Merci pour ta réponse détaillée.

Réponse qui ne me convainc pas.
Je ne vois pas en quoi une banque publique ferait un meilleur travail qu'une banque privée... je serais peut-être favorable à ce que l'Etat dispose d'une banque publique pour accorder des crédits en période de crise du crédit, comme c'est le cas actuellement. Mais pourquoi vouloir nationaliser tout le secteur bancaire? C'est justement parce qu'il y a concurrence dans le secteur bancaire que les clients (entreprises, particuliers) peuvent emprunter pour relativement peu cher. Et l'Etat n'a en aucun cas les moyens financiers pour prêter à tous les acteurs qui en ont besoin.

Sur l'actionnariat, et l'image qu'on a du méchant actionnaire à la recherche de dividendes élevés et rapides, il n'est pas responsable de la crise financière actuelle : la crise est due aux risques trop grands qu'ont pris les banques US, et par titrisation, les banques du monde entier.
L'actionnaire qui investit son capital dans des entreprises n'a aucun rapport avec cette crise, et si les cours des principales valeurs boursières chutent, c'est un symptome, et non une cause, de la crise.

Quand à l'idée qu'il faille s'opposer frontalement, idéologiquement, aux ultra-libéraux, en demandant la nationalisation du secteur financier quand les ultra-libéraux veulent moins d'Etat, je ne suis pas d'accord, c'est trop simpliste.

Il faut mieux encadrer ce secteur, changer certaines réglementations, revenir sur des choses qui ont été faites ou défaites... Si, à chaque fois qu'il y a une crise, on annule tout ce qui a été fait depuis plusieurs décennies pour fonder un système complétement neuf (en considérant qu'un système communiste, ou socialiste historique soit neuf) et totalement opposé au modèle préexistant, j'ai du mal à imaginer qu'on progresse.

Infocrate a dit…

On ne tombera pas d'accord, je le crains...

Pour tenter de clore une discussion vouée à s'éterniser, je te conseille d'aller voir ça:

MADAME Naomi Klein

Un avis éclairé sur le sujet...

 
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