mercredi 18 mars 2009

Avis de tempête


L'océan néo-libéral, et la faune qui y évolue, sont deux sujets d'études absolument fascinants.

Si, si.

Cela fait des années que je suis plongé dans le premier.
Et que j'observe la seconde.

Certes, non par goût.
Par dépit, plutôt.

Puisque j'y suis immergé malgré moi.
Et confronté contre mon gré, donc.
A l'instar de nombre de mes congénères.

Une espèce appartenant à cet environnement impitoyable a particulièrement retenu mon attention.
Et a nourri la plupart de mes colères:

"Les crustacézémollusques".

Parce que je trouve ces membres bien plus détestables que "les requins de la finance", maîtres terrifiants de ces eaux troubles, dans lesquelles je suis contraint d'évoluer.
Avec le gros du banc de (petits) poissons qui peuple ces mers.

Mais permettez-moi de m'arrêter toutefois sur cette première catégorie d'animaux.

Le "squale néo-libéral" est un prédateur absolument terrifiant.

Dépourvu du moindre sentiment, celui-ci peut dévorer entreprises après entreprises, emplois après emplois, ne paraissant rassasié que lorsque son odorat sur-développé lui assure qu'une BONNE GROSSE CROISSANCE suivra le carnage.
Et ce, même si, de toute évidence, son appétit menace de boulerverser irrémédiablement l'éco-système auquel il appartient (ce con!).

Et lorsque les eaux dans lesquelles il a l'habitude de chasser ne lui permettent plus de combler son estomac bedonnant, celui-ci se tourne alors vers d'autres territoires.
"Les mers du service public", par exemple.

Alors celui-ci, suivi de ces semblables, fond sur les secteurs de la Santé, de l'Education, de l'Emploi, et j'en passe.
Et les scènes qui suivent sont à faire pâlir toutes les merdouilles holywoodiennes du type "Dents de la mer", du 1er au 40douzième épisode.
Une horreur.
Les acquis sociaux déchiquetés, démembrés sauvagement, l'esprit de solidarité qui se vide lentement de toute sa substance, agonisant lentement...
Monstrueux.

Mais ne nous égarons point, et revenons à l'espèce que j'évoquais, beaucoup plus répandue, malgré tout, que celle à laquelle appartiennent ces odieux prédateurs.

Parce qu'à bien y regarder, désormais, force est de constater qu'il y a pire que "les squales de la Bourse":
Les fameux "crustacézémollusques".

Ceux-là même qui ont rendu possible les carnages sus-évoqués.
Par leur passivité complice.
Certes engendrée/entretenue/encouragée par nos "requins néo-libéraux". (Mais quand même, bordel, c'est pas une excuse...)
"Les crustacézémollusques" n'ont cessé, disais-je, de déclencher chez moi de véritables crises de rage.

Observons donc quelques spécimens de l'espèce en question:

Le "syndicaliste consensuel" par exemple.
A tendance réformiste.
Mou du bulbe.
Qui plutôt que d’affronter le patronnat de plein fouet adopte la technique du crabe.
Quelle que soit la violence de l'assaut.
Démarche typique du mec qui biaise (tout le monde), sans cesse.

Le « salarié n'actionnaire ».
Accroché à ses petites n’actions, et à son p’tit n’emploi, même précaire.
Qui, bien à l’abri dans sa (fragile) coquille, espère que c’est pas lui qu’"On" va arracher du rocher en premier.
Telle la moule lambda.

Le « citoyen mou de la conscience», dont la résignation fataliste laisse à penser que, non content de posséder le QI d’un bullot, il en partage également les capacités de révolte.

Le « jeune con ».
Lycéen (crétin) ou étudiant (fainéant), totalement captivé par sa « PS360 qui tue la mort ».
Et ses contacts sur MSN.
Guère plus actif qu'une huître, se contentant de croître, pour ensuite être récoltée.

Le « blogueur de gauche », qui continue de penser que « c’est génial cette révolution en ligne, ‘tin, t’as vu, il flippe sa race le pouvoir en place. Mdr. Lol. :) »
Dont le cri de rage est aussi effrayant que celui d’un oursin.
Proche cousin des "concombres de mer".
Si c'est pas un signe, ça...

La liste pourrait s'allonger indéfiniment.
Si quelque lecteur passant par ici, souhaite enrichir cette maigre tentative de classification, qu'il ne se gêne point, d'ailleurs.

Si quelque "crustacézémollusque" appartenant aux catégories décrites dans ce billet, vient à passer ici aussi, qu'il ne s'offusque point.
Sans doute est-il sur la bonne voie...

Caricatural? Moui.
A peine.
Pis je ne suis pas biologiste, non plus...

Et je suis ravi d'avoir constaté, ces derniers temps, que beaucoup jetaient un oeil hors de leur coquille ou carapace.
Même qu'il paraîtrait qu'ils sont 74% à comprendre les poissons-rebelles.

J'ai par ailleurs moi-même appartenu à certaines catégories de ces espèces.
Longtemps.
Et j'appartiens encore à certaines autres, sans doute.

La rage engendrée par leur passivité n'est venue qu'après avoir découvert qu'il existait d'autres courants.
Par lesquels il suffisait de se laisser porter.

Quoi qu'il en soit, ami "crustacézémollusque", avec la tempête qui se prépare, ou tu profites de la marée humaine de demain ou tu seras expédié dans les fonds abyssaux de l’océan néo-fachisto-libérale.

Et là, la pression sera plus terrible encore que ce à quoi tu pensais pouvoir résister jusqu'ici.
Et tu réaliseras, VRAIMENT trop tard, que ta petite coquille, ta ridicule carapace, ça a toujours été de la merde...

Et que oui, ce sont les squales OU tes congénères.
(Ou toi. Donc.)

A demain.
Et bon Tsunami.




2 commentaires:

Zgur a dit…

Belle typologie.

Ils rentrent cependant tous dans cette catégorie simplette : les petits gris.

Arf !

Zgur

Infocrate a dit…

Mon dieu! C'est donc vrai:
ILS tentent de prendre le contrôle du Monde...

:-)

 
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